5 novembre 2026 : l’austérité des gouvernements contre le pouvoir d’achat des Français, la grève interprofessionnelle qui refuse l’équation intenable

Politique

Ce jeudi 5 novembre, la France s’arrête. Pas seulement un secteur, pas seulement une catégorie : une grève interprofessionnelle aux dimensions quasi historiques, où cinq organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU) appellent à une grève interprofessionnelle pour dénoncer les 54 milliards d’euros de coupes budgétaires prévues par le gouvernement.

Le gouvernement a cru pouvoir imposer son équation économique : celle où les prix augmentent partout tandis que les revenus se figent. Carburant, alimentation, énergie, logement : tous les postes de consommation des ménages français augmentent depuis des mois, tandis que les salaires et pensions restent gelés. C’est mathématiquement impossible à vivre, matériellement insupportable, politiquement inacceptable.

Les syndicats ne demandent pas la lune. Ils demandent l’ouverture immédiate dans toutes les entreprises et dans toutes les branches de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale Femmes-Hommes, l’augmentation des pensions des retraités, pour le régime de base comme pour les retraites complémentaires AGIRC ARRCO. Une revendication élémentaire : que le travail et la retraite permettent de vivre dignement.

Une austérité systématique qui aggrave les inégalités

Mais l’austérité du gouvernement ne vise pas un détail budgétaire. Elle cible les fondations mêmes du modèle social. Les principales mesures incluent le gel du point d’indice des fonctionnaires, le blocage des revalorisations automatiques des prestations sociales et une limitation des hausses salariales dans le privé. Gel. Blocage. Limitation. Des mots qui résument une stratégie : faire payer la crise à ceux qui n’en sont pas responsables.

Les agents de la fonction publique subissent de plein fouet cette asphyxie programmée. Pouvoir d’achat en chute : érosion continue de la valeur du point d’indice, grilles indiciaires écrasées, rémunérations qui ne suivent plus l’inflation. Et pendant ce temps, suppression de près de 300 postes aux Finances en 2027, après des dizaines de milliers d’emplois détruits depuis de nombreuses années.

Ce ne sont pas que des chiffres abstraits. Ce sont des services publics qui ferment, des hôpitaux en crise, des écoles qui se vident, des retraités qui choisissent entre les médicaments et le chauffage. Ce sont des femmes dont l’égalité salariale reste un vœu pieu, des jeunes qui n’arrivent pas à trouver un emploi pérenne, des précaires qui glissent davantage vers la pauvreté.

L’État se retire, l’austérité avance

La Ligue des droits de l’Homme ne s’y est pas trompée. La Ligue des droits de l’Homme a annoncé son soutien à l’appel intersyndical à manifester ce jeudi 5 novembre 2026, l’association dénonce les politiques d’austérité budgétaire, qu’elle estime responsables d’une aggravation des inégalités et d’un affaiblissement des services publics et des dispositifs de solidarité.

C’est cela que nous refusons, nous. Une France où l’accès à la santé, à l’éducation, au logement, à la protection sociale se dégrade année après année, pendant que les inégalités se creusent. Une France où le gouvernement choisit délibérément d’affaiblir ce qui nous rassemble : le bien commun.

Alors que l’inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat, les syndicats estiment que ces mesures d’austérité aggravent la situation économique des Français plutôt que de la résoudre. Il n’y a rien d’économiquement rigoureux là-dedans : c’est du dogmatisme politique, servi au nom d’une rigueur qu’on n’impose jamais aux riches.

Le 5 novembre, la grève c’est dire non. Non à cette austérité. Non à cette logique d’appauvrissement généralisé. Non à cette France qui abandonne ses plus fragiles. C’est refuser l’équation gouvernementale et en proposer une autre : celle où les services publics fonctionnent, où le travail paie, où la retraite n’est pas une menace, où les inégalités se comblent au lieu de se creuser.

La mobilisation du 29 septembre avait rassemblé 300 000 manifestants. Le 5 novembre, il s’agit de faire monter la pression, de généraliser, d’étendre. Il s’agit, pour la première fois depuis longtemps, de faire peur aux gouvernants. C’est cela, une grève qui fait sens : imposer par la rue ce que le parlement refuse de voter.