France 2026 : le rapport choc du HCE révèle 13 millions de sexistes, la montée du masculinisme inquiète

Société

Le rapport 2026 du Haut Conseil à l’Égalité dresse un tableau accablant du sexisme en France : loin de reculer, il se radicalise. Près de 13 millions de Français adhèrent à des formes de sexisme, qu’il soit paternaliste ou hostile. Plus inquiétant encore, la montée des discours masculinistes révèle une remobilisation des anti-féministes face aux progrès des droits des femmes.

Les chiffres du malaise

Le baromètre 2026 du HCE repose sur une enquête Toluna Harris Interactive menée auprès de 3061 personnes de 15 ans et plus. Les résultats interpellent. Dans le cadre professionnel, 72 % des répondants estiment que les femmes sont moins bien traitées de manière générale et 49 % des femmes interrogées déclarent avoir été confrontées à des discriminations. L’emploi demeure un bastion du sexisme ordinaire.

Le sexisme paternaliste concernerait 23 % de la population française avec 7,5 millions d’hommes et 5 millions de femmes. Cette forme de discrimination, qui enferme les femmes dans des rôles traditionnels, persiste comme une norme socialement acceptée. Mais elle n’est que la moitié du problème.

L’offensive hostile

Le « sexisme hostile », plus violent, se traduit par une hostilité envers les femmes et peut inclure des attitudes agressives ou dévalorisantes. Dix-sept pour cent des personnes de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme hostile en France.

Le cybersexisme amplifie cette tendance. Quatre-vingt-quatre pour cent des victimes de contenus misogynes en ligne sont des femmes. Les réseaux sociaux, loin de favoriser l’égalité, deviennent des vitrines de la haine misogyne, souvent sans frein ni contrôle.

La menace masculiniste

Le rapport alerte sur la montée des discours masculinistes, désormais perçus comme une menace sociale et sécuritaire. Ce phénomène ne relève pas du débat d’idées : il structure une réaction systématique contre l’égalité des droits.

Malgré les progrès législatifs et sociaux, le sexisme reste profondément enraciné dans la société française. Les lois existent, les droits s’énoncent, mais les mentalités bougent lentement. Pire, elles reculent par endroits. Les jeunes perçoivent plus fortement le sexisme comme un problème social, tandis que cette perception diminue avec l’âge, ce qui suggère un risque de régression générationnelle.

Un problème structurel, pas individuel

Ces chiffres montrent que le sexisme n’est plus seulement une question de comportements individuels isolés, mais un phénomène social et structurel, influençant les rapports entre hommes et femmes dans tous les domaines : travail, famille, sphère publique et numérique.

Le Haut Conseil pose ainsi une question dérangeante : que valent les déclarations de principe si la réalité vécue par des millions de femmes demeure celle de l’inégalité, du dédain, voire de l’agression verbale ? Le rapport ne conclut pas en enjoignant à chacun de « faire mieux ». Il expose plutôt les limites des politiques cosmétiques. Tant que le sexisme sera enraciné dans les institutions, les mentalités et les algorithmes, aucune campagne de sensibilisation ne suffira. La question n’est plus de savoir si le problème existe. Elle est de savoir pourquoi, décennie après décennie, les institutions tardent à le combattre avec la radicalité qu’il mérite.