Un tireur a tué une personne et en a blessé cinq autres, dont une fillette de 12 ans, dans la banlieue parisienne de Trappes lors d’une fusillade que les autorités qualifient d’attentat terroriste à motivation raciste. Vendredi matin autour de 10h30, l’homme a circulé dans les villes de Trappes et La Verrière, deux communes ouvrières en périphérie de Paris accueillant une importante population immigrée et musulmane, tirant à l’arme automatique de manière apparemment aléatoire vers une station-service, un centre médical et une aire de jeux pour enfants. La fusillade a duré environ 15 minutes avant l’arrestation du suspect, identifié comme étant âgé de 39 ans.
Une cible délibérée
Selon le député local Laurent Mazaury, le suspect aurait déclaré aux policiers qu’il voulait « tuer des étrangers ». Le politicien a affirmé : « Je pense que nous sommes face à une personne raciste ». Les médias français ont rapporté qu’un jeune Noir a été tué, tandis qu’une femme portant un foulard et une fillette de 12 ans vêtue d’un foulard figuraient parmi les personnes touchées.
Le président Macron a qualifié cette fusillade de « terroriste et raciste », déclarant qu’elle marque un tournant pour la France, et affirmant que les victimes ont été ciblées uniquement en raison de leur religion et de la couleur de leur peau. Les procureurs enquêtent pour déterminer si les actes visaient la « race, l’origine ethnique, la nationalité ou la religion réelles ou supposées » des victimes, ouvrant une enquête pour « meurtre en lien avec une entreprise terroriste ».
Le son de cloche des habitants
Le maire de Trappes Ali Rabeh a déclaré que le tireur « semblait tirer au hasard et semblait déterminé à perpétrer un massacre », parlant d’une « attaque terroriste avec des connotations racistes, probablement islamophobes ». Selon le maire, cela serait « probablement l’une des premières tentatives de tueries de masse motivées par l’islamophobie et le racisme ».
Un résident nord-africain de 50 ans, Adel, a confié à l’agence AFP que « c’est terrifiant pour tous ceux qui partagent la même origine » et que son « cœur s’était brisé » en apprenant que les victimes auraient pu être ciblées en raison de leur race. Deux des blessés étaient des agents d’entretien d’origine africaine travaillant dans une école au moment de la fusillade.
Un phénomène européen croissant
Cette attaque intervient dans un contexte plus large de montée des crimes hainés en Europe. En juin, Amnesty International a rapporté que la violence islamophobe au Royaume-Uni a atteint des « niveaux d’urgence » avec une vague croissante de crimes hainés et d’attaques ciblées, y compris des viols et des incendies volontaires de mosquées. Le rampage de Trappes devient un symbole glaçant de la réalité des discriminations structurelles vécues par les communautés musulmanes et immigrées en Europe, loin de ces déclarations officielles et des rapports que les institutions énoncent régulièrement sur le papier.